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Madame de Montebello, dame d'honneur, et madame de Luçay, dame d'atour, allaient tous lès matins passer une heure ou deux avec l'Impératrice. Le premier consul en doutait il savait que les ducs d'Angoulême et de Berry. Un autre jour qu'il lui adressait un propos du même genre Retournons à Florence, dit l'enfant à sa gouvernante, qui était présente, ici on ne me connaît pas. On n'avait pu saisir le personnage qui avait eu des conférences avec Moreau tous les renseignements qu'on donnait à Napoléon le décidèrent à faire arrêter le duc d'Enghien. Pilote hp deskjet d telechargement gratuit pour Windows 7 Code pour recevoir les sms d'un autre radiateurs portatifs Adobe air ios telecharger Dernier jeu de rash de route gratuit telechargement gratuit Gabo ferro bandcamp telecharger Canon image browser pour mac os x Cocktail movie song telecharger chanson principale sharabi Snatam kaur suni ai telecharger Adobe Film l'amener au telechargement Télécharger Mercenaires Mp3 Gratuit — Télécharger Musique. Sa société intime ne se composait que de sa famille, et elfe ne recevait d'autre étranger que le docteur Corvisart, premier médecin de l'Empereur. L'un des deux reconnut l'Empereur et se leva aussitôt.

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Cette négociation paraissait sur le point de réussir,- lorsque l'impératrice mère demanda dui temps avant de donner son consentement..

On regarda cet ajournement comme un refus, et l'Autriche ayant offert Marie-Louise, elle fut. Le public cherchait encore dans les différentes cours de l'Europe quelle princesse pouvait être destinée à porter la couronne de France, quand on apprit que Napoléon avait.

Lorsque M. Berthier,prince de Neufchâtel, reçut à Vienne la bénédiction nuptiale comme chargé de la procuration dé l'Empereur, et bientôt la route de Strasbourg'fut couverte de voitures qui conduisaient la maison de là nouvelle impératrice à Braunau, où elle devait congédier la sienne.

Marie-Louise avait alors dix-huit ans et demi, une taille majestueuse, une démarche noble, beaucoup de fraîcheur et d'éclat, des cheveux blonds qui n'avaient rien de fade, des yeux bleus, mais animés, une main, un pied qui auraient pu servir de modèles, un peu trop d'embonpoint peut-ê.

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Rien n'était plus gracieux, plus aimable que sa figure, quand elle se trouvait à l'aise, soit dans son intérieur, soit au milieu des personnes avec lesquelles elle était particulièrement liée; mais, dans le grand monde et surtout dans les premiers moments de son arrivée en France, sa timidité lui donnait un air d'embarras que bien des gens prenaient à tort pour de la hauteur.

Elle avait reçu une éducation très soignée; ses goûts étaient simples, son esprit. Calme, réfléchie, bonne et sensible, quoique peu démonstrative, elle avait tous les talents agréables, aimait à s'occuper et ne connaissait pas l'ennui.

Nulle femme n'aurait pu mieux convenir à Napoléon.

Douce et paisible, étrangère à toute espèce d'intrigue, jamais elle nese mêlait des affaires publiques et elle n'en était instruite le plus souvent que par la voie des journaux. Pour mettre lie comble au -bonheur de l'empereur, la Providence voulut que cette jeune princesse, qui aurait pu ne voir en lui que le persécuteur de sa famine, l'homme qui, deux fois, l'avait obligée de fuir de Vienne, se trouvât, flattée dé captiver celui que la renommée proclamait le héros de l'Europe, et éprouvât bientôt pour lui le plus tendre attachement.

Arrivée de Marie-Louise à Braunau.

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Sa maison. Madame Murât. Renvoi de madame Lajcnski et d'un petit chien. Rencontre de Napoléon et de Marie-Louise à Soissons. Parmi le nombre des personnes qui l'attendaient à Braunau, il s'en trouvait plusieurs qui avaient connu Marie-Antoinette.

Toutes se représentaient le chagrin que devait éprouver Marie-Louise en venant s'asseoir sur un trône où sa grand'tante avait trouvé tant de malheurs. La princesse arriva son abord n'eut rien de triste; elle se montra gracieuse envers tout le monde et elle eut le talent de plaire presque généralement.

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Elle ne quitta pas sans attendrissement les personnes qui l'avaient accom- IH pagnée de Vienne, mais elle s'en sépara avec courage. Au moment où elle monta dans la voiture qui devait la conduire à Munich, le grand, maître de sa maison-, vieillard de soixante-cinq ans, qui l'avait suivie jusque-là, éleva ses mains jointes vers le ciel, en ayant l'air de l'implorer en faveur de sa jeune maîtresse, en.

Ses yeux annonçaient une Ame pleine de grandes pensées et de tristes souvenirs ses larmes en arrachèrent d'autres à tous les témoins de cette scène attendrissante. De tout son cortège autrichien, il ne resta auprès de Marie-Louise que sa grande maîtresse, madame de Lajenski, à qui on avait permis de l'accompagner à Paris.

Elle partit avec sa nouvelle maison, sans connaître une seule des personnes qui la formaient. Il faut ici dire un mot sur la manière dont cette maison était composée. La duchesse de Montebello, belle, sage, mère de cinq enfants, qui avait perdu son mari à la dernière bataille, avait été nommée dame d'honneur; faible dédommagemènt que l'Empereur avait cru devoir lui accorder pour la perte d'un époux.

La comtesse de Luçay, douce, bonne, ayant le meilleur ton et l'usage du grand monde, était sa dame d'atour. Je parlerai plus tard des dames du palais que leurs fonctions, entièrement subordonnées à l'étiquette, rapprochaient rarement de la personne de l'impératrice; chacune avait pourtant ses prétentions, que blessait la présence de madame de Lajenski; leurs plaintes à cet égard auprès de la reine Caroline la décidèrent à un acte de despotisme dont sa bellesoîurfut profondément blessée.

Madame Mural ambitionnait de prendre sur Marie-Louise un grand ascendant, et, avec une conduite plus adroite, il est possible qu'elle l'eût obtenu. Née avec un grand caractère, une tête forte, de grandes idées, un esprit souple et délié, de la grâce, de l'amabilité, séduisante au delà de toute expression, il ne lui manquait que de savoir cacher son amour pour la domination; et, quand elle n'atteignait pas son but, c'était pour vouloir y arriver trop tôt.

Dès le premier instant qu'elle vit la princesse, elle crut avoir deviné son caractère, et elle se trompa complètement. La présence de madame de Lajenski avait excité la jalousie et les craintes de presque toutes les dames de la maison de l'impératrice.

La dame d'honneur se plaignit que ses fonctions se réduiraient à rien, si la princesse gardait auprès d'elle une étrangère qui lui tiendrait lieu de tout.

Enfin on décida la reine à demander à Marie-Louise le renvoi de sa grande maîtresse, quoiqu'on lui eût promis de la laisser près d'elle pendant un an. La princesse, qui désirait sincèrement gagner l'affection des personnes avec lesquelles elle allait vivre, n'opposa point de résistance, et madame de Lajenski retourna de Munich à Vienne, emportant avec elle un petit chien appartenant à Marie-Louise, et dont on avait exigé aussi qu'elle se privât, sous prétexte que l'Empereur s'était souvent plaint que ceux de Joséphine étaient insupportables.

La princesse fit avec courage ces sacrifices dont l'odieux retomba sur la reine de Naples. Ce qu'il y eut de plus mal dans la conduite d. Cet ordre ne fut point exécuté les deux dames, blessées de tant de dureté, firent entrer la grande maîtresse par une porte dérobée elle passa deux heures avec son élève; et, malgré les reproches que c;ette conduite leur attira de la part de la reine, elles ne s'en sont jamais repenties.

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L'Impératrice marchait à petites journées, et une fête était préparée dans chaque ville où elle passait. A Munich, on lui remit une lettre de Napoléon, et les choses avaient été arrangées de manière, que, tous les matins à son lever, un page arrivant de Paris lui en apportait une nouvelle. Elle y répondait avant son départ, et un page reparlait pour la capitale de la France avec sa réponse. Ce commerce épistolaire dura pendant tout le voyage, qui fut de quinze jours; et l'on remarqua que MarieLouise lisait chaque fois avec plus d'intérêt les billets qui.

L'Empereur avait une écriture très difficile à lire; madame la duchesse l'avait vue plusieurs fois dans les mains de son mari, elle aidait Marie-Louise à lire les billets doux de Napoléon; cette intimité et cette confiance furent probablement la cause du vif attachement que la souveraine eut pour sa dame d'honneur.

Elle les attendait avec impatience; et, si quelque circonstance retardait l'arrivée du courrier, elle demandait à' plusieurs reprises s'il n'était pas encore venu, et quel obstacle probable avait pu l'arrêter. Il faut croire que cette correspondance était pleine de charmes, puisqu'elle faisait déjà naître un sentiment qui ne tarda pas à acquéquérir une grande force. De son côté, Napoléon brûlait du désir de voir sa jeune épouse: sa vanité était plus flattée de ce mariage, qu'elle ne l'aurait été de la conquête d'un empire.

Ce qui le charmait encore davantage, c'est qu'il savait que Marie-Louise y avait consenti volontairement et non en princesse qui se sacrifie à de grands intérêts politiques. On l'entendit plusieurs fois maudire le cérémonial et les fêtes qui retardaient cette entrevue si désirée et qui devait avoir lieu à Soissons, où un camp avait été formé pour la réception de l'Impératrice. Ne pouvant modérer son "impatience, l'Empereur s'y rendit vingt-quatre heures avant l'arrivée de la princesse et, dès qu'il apprit qu'elle n'en était plus qu'à dix lieues, il partit avec le roi de.

Naples pour aller au-devant d'elle. Les deux voitures se rencontrèrent à quatre lieues de Soissons l'Empereur descendit de la sienne;. Le prince de Neufchâtel avait remis à Marie-Louise un portrait de Napoléon. Elle l'avait regardé si sou- vent,que ses traits lui étaient devenus familiers. Les quatre époux réunis, il y eut un moment d'examen et de silence. L'Impératrice le rompit la première d'une manière flatteuse pour l'Empereur, en lui disant Sire, votre portrait n'est pas flatté.

Il l'était; pourtant, mais déjà l'amour exerçait sa douce influence, et elle voyait l'Empereur avec des yeux prévenus. Napoléon la trouva charmante, et il était si enthousiasmé, qu'à peine voulut-il s'arrêter quelques instants à Soissons où il' avait été décidé qu'on coucherait, et l'on se rendit de suite à Compiègne.

Il paraît que les prières de Napoléon, unies aux instances de la reine de Naples, décidèrent Marie-Louise à ne rien refuser à son trop heureux, mari. Sa vie. Ses habitudes privées. Son caractère. Traits de bonté et de bienfaisance. Tout le monde a lu les détails de la cérémonie du mariage religieux de l'Impératrice et de l'Empereur. La grande galerie du Louvre, parfaitement décorée, garnie de six rangs de banquettes de chaque côté, était occupée par.

C'était un spectacle magnifique pour le public. Nous en avions un autre dans l'intérieur. La toque surtout fut placée et déplacée plusieurs fois, et nous essayâmes bien des manières de la poser; enfin nous réussîmes.

Les quatre reines condamnées à porter le manteau en étaient fort contrariées, et, malgré nos avis, s'y prenaient fort mal. Nous occupâmes leurs places jusqu'à l'entrée de la galerie, et là elles nous remplacèrent.

Je dois placer ici le portrait de Napoléon. Il était âgé de quaranteet un ans. Dans sa jeunesse, il était fort maigre, avait le teint olivâtre, la figure longue et les yeux couverts l'ensemble de sa physionomie n'était rien moins qu'agréable.

Napoléon, dans les camps et dans ses premières campagnes, ne craignait aucune fatigue, bravait les plus mauvais temps, couchait sous une mauvaise tente, et semblait oublier tous les soins de sa personne. Dans son palais, il se baignait presque tous les jours, se frottait tout le corps d'eau de Cologne, et changeait quelquefois de linge plusieurs fois dans la journée. Son costume de prédilection était celui des chasseurs à cheval de la garde. Dans ses voyages, tout logement lui semblait bon, pourvu que le moindre jour ne pût pénétrer dans sa chambre à coucher; il n'y supportait même pas une veilleuse.

Sa table était chargée des mets les plus recherchés, mais il n'y touchait jamais une poitrine de mouton grillée, descôteletles, un poulet rôti, des lentilles ou des haricots, étaient ce qu'il mangeait de préférence.

Il était difficile sur la qualité du pain et ne buvait que du meilleur vin, mais en très petite quantité. On a prétendu qu'il buvait tous les jours huit ou dix tasses de café; c'est une fablequ'il faut reléguer avec lant d'autres; il n'en prenait qu'une demi-tasse après son déjeuner, et autant après avoir dîné.

Il est vrai cependant qu'il était tellement distrait et préoccupé, qu'il lui est arrivé quelquefois de demander son cafêimmédiatemènt après l'avoir bu, et de soutenir qu'il n'en avait pas pris. Il mangeait très vite, et se levait de table dès qu'il avait fini, sans s'inquiéter si ceux qui y étaient admis avaient eu le temps de dîner. On a encore prétendu qu'il prenait les plus grandes précautions pour ne pas être empoisonné nouveau mensonge; peut-être n'en prenait-il pas assez.

Tous les matins, on apportait son déjeuner dans une antichambre où étaient admis indifféremment tous ceux qui avaient obtenu un rendez-vous et qui y attendaient quelquefois fort longtemps.

Les plats, tenus chauds, y restaient souvent déposés plusieurs heures, en attendant qu'il donnât ordre qu'on servît. Le dincr était apporté par des valets de pied, dans des paniers couverts; mais rien au monde n'eût été plus facile que d'y glisser du poison si l'on en eût eu l'intention. Il avait le verbe haut; et, quand il était en gaieté, ses éclats de rire s'entendaient de fort loin. Il aimait à chanter, quoiqu'il eût la voix itrès fausse et qu'il n'ait jamais pu mettre une chanson sur l'air.

L'Empereur avait le même usage avec ses ministres: il retranchait, supprimait en détail; et lorsque le budget était fait, il en ôtait encore un sixième ou un quart.

Tous murmuraient et disaient que le service souffrirait il se moquait d'eux, et c'est tout ce qu'ils obtenaient. Forcé de faire des économies, chacun s'en occupait dans son département, et finissait par avoir assez de ce qui lui avait été accordé. Toutes les personnes qui ont vécu près de l'Empereur savent qu'il avait du tact, de l'esprit, qu'il savait mener et employer les hommes.

C'est à ce talent qu'il a dû sa puissance.

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On a dit qu'il méprisait en général tous ceux qui l'entouraient j'ignore si cela est vrai, mais ce que j'ai vu, c'est qu'il était froid et poli avec ceux qu'il n'aimait pas, et qu'il ne disait des choses dures et désobligeantes qu'à ceux qu'il aimait. Cependantjamais cela n'allait jusqu'aux expressions de mépris. Je puis. Il n'a point dit que les chambellans étaient des valets, dont toute la différence était d'avoir une livrée rouge au lieu de l'avoir verte.

Le propos à l'égard de Savary est également faux l'Empereur n'eût jamais dit qu'il aimait Savary, parce qu'il tuerait son père s'il le lui ordonnait. C'est une bêtise atroce qui n'a pu être crue par une personne sensée.

Beaucoup de gens veulent aujourd'hui avilir Napoléon. Je suis persuadé que ce sont ceux qui l'ont le 2 plus encensé qui, aujourd'hui, crient le plus haut contre lui.

Tant de. Napoléon eut assez de torts sans qu'on ait besoin de lui en prêter. On ne peut le diffamer sans insulter à la nation dont il fut dix ans le chef, et aux souverains qui s'allièrent à lui. J'ai dit plus haut qu'il avait de l'esprit j'ajouterai qu'il avait des connaissances générales sur tous les objets; il n'était étranger à aucun art, il aimait les lettres et appréciait les hommes instruits; il sut distinguer et attacher à. Sa famille, où l'esprit pa:raît héréditaire, fut, ainsi que lui, placée à la cour.

Napoléon, nommé premier consul, appritquele maréchal de Ségur vivait à Versailles dans une position de fortune très malheureuse. Il chargea le comte de Ségur de lui amener son père aux Tuileries. Dès qu'il parut, le premier consul. Napoléon, dans les premiers temps de son étonnante fortune, n'imitait pas la conduite de ces, parvenus qui ne craignent rien tant que de rencontrer des témoins de leur premier état.

Il accueillait ceux qu'il avait connus autrefois, leur rendait service et conservait même' avec eux son ancienne familiarité. Le jour où il fut nommé premier consul, il envoya un courrier à Saint-Denis, porter une lettre à M. Rulhière, qui avait été en même temps que lui sôus-lieutenant dans le régiment de La Fère, pour lui annoncer qu'il l'avait choisi pour son secré- taire. Il le nomma ensuite secrétaire général de la commission du gouvernement qu'il venait d'établir en Piémont; enfin il lui donna la préfecture d'Aix-la-Chapelle.

Mais jamais Rulhières n'en prit possession il avait été attaqué en Piémont d'une maladie à laquelle tout l'art de la médecine ne put rien connaître, et il en mourut à Paris, où il était venu pour consulter.

L'embonpoint que Napoléon -acquit avec l'âge fit paraître sa figure plus arrondie, sa peau plus blanche; ses yeux prirent plus d'éclat, sa physionomie de la noblesse et beaucoup d'expression.

Pendant les trois premiers mois qui suivirent son mariage, l'Empereur passa auprès de l'Impératrice les jours et les nuits; les affaires les plus urgentes pouvaient à peine l'en arracher quelques instants; lui, qui aimait passionnément le travail, qui s'occupait quelquefois avec ses ministres huit ou dix heures de suite sans en être fatigué, qui lassait successivement plusieurs secrétaires, convoquait maintenant des conseils auxquels il n'arrivait que deux heures après qu'ils étaient assemblés; il donnait fort peu d'audiences particulières et il fallait l'avertir plusieurs fois pour celles qu'il ne pouvait se dispenser d'accorder.

On était surpris d'un tel changement les ministres jetaient les hauts cris les vieux courtisans observaient et disaient que cet état était trop violentpour pouvoir durer. L'Impératrice seule ne doutait pas de la continuation d'un sentiment qu'elle partageait et qui faisait son bonheur. Napoléon n'avait pas toujours été, disait-on, aussi aimable dans son intérieur. Rien n'est plus absurde que ces on dit. J'en ai parlé à un de ses valets de chambre, qui m'a assuré que, depuis dix ans qu'il était à son.

Gai, familier dans son intérieur, il aimait à tirer les oreilles, à pincer les joues, ce qui lui arrivait souvent envers le maréchal Duroc, Berthier, Savary, et plusieurs de ses aides de camp.

Je l'ai vu, assistant à la toilette de l'Impératrice, la tourmenter, lui pincer le cou et la joue. Si elle se fâchait, il la prenait dans ses bras, l'embrassait, l'appelait grosse bête, et la paix était faite. Lorsque l'Empereur voulait adresser ses plaisanteries à madame de Montebello, elle le repoussait avec humeur, et il cessait à l'instant. Il était aimable et bon pour ceux qui l'entouraient. Entre mille exemples, en voici un chacun sait qu'il aimait beaucoup la chasse. Le prince Berthier, alors grand veneur, l'aimait aussi; mais il préférait chasser dans sa terre de Gros-Bois, plutôt qu'avec l'Empereur.

Un jour qu'elle était commencée, Berthier vint au Jever de l'Empereur qui lui demanda Quel temps fait-il? Mauvais temps, Sire. Et la chasse, comment ira-t-elle? Il faut la remettre. L'oi'dre est donné, et à onze heures l'Empereur vient déjeuner chez l'Impératrice.

Il faisait un très beau soleil, c'était au mois de février.

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Ils conviennent de faire un tour à pied et d'emmener Berthier. On le fait demander, et l'Empereur apprend qu'il estparLi pourchàsser à Gros-Bois. L'Empereur voulait être maître dans les affaires importantes, mais il souffrait et aimait même la contradiction. Lorsqu'il était chez Marie-Louise, il contrariait les premières dames sur mille choses.

Un jour qu'il entrait dans un des salons de l'Impératrice, il y trouva une jeune personne, mademoiselle M. Il fit signe à ceux qui se trouvaient en face de lui dé garder le silence, et, s'avançant doucement derrière elle, il lui cacha les yeux avec ses mains. Elle ne connaissait que M. Bourdier, homme âgé et respectable, attaché à l'Impératrice en qualité de premier médecin, qui pût se permettre une telle familiarité avec elle; aussi ne douta-t-elle pas un instant que ce ne fût lui.

L'empereur les avait très belles. De grosses vilaines mains répéta l'Empereur en lui rendant l'usage de la vue, vous êtes difficile La pauvre jeune personne fut si confuse, qu'elle fut obligée de se réfugier dans une autre pièce. Une autre fois, il était dans la chambre de l'Impératrice pendant qu'on l'habillait il marcha, sans le vouloir, sur le pied de la dame qui présidait à la toilette, madame D. Qu'avez-vous donc? Rien, répondit-il en partant d'un éclat de rire j'ai marché sur le pied de madame et j'ai crié pour l'empêcher de le faire vous voyez que cela m'a réussi.

Dans l'automne qui suivit le mariage de l'Empereur, la cour fut passer quelque temps à Fontainebleau. Il y avait du feu partout, excepté chez l'Impératrice qui, habituée aux poêles, prétendait que le feu l'incommodait.

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Un jour, l'Empereur vint passer quelque temps près d'elle. En sortant, il se plaint du froid et dit à la dame de service de faire faire du feu.

Lorsque l'Empereur fut parti, l'Impératrice défendit qu'on en fît. La dame de service était mademoiselle Rabusson, jeune personne sortie nouvellement d'Écouen, très franche et très naturelle. L'Empereur revint deux heures après et demanda pourquoi on n'avait pas exécuté ses ordres.

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Sire, dit la dame, l'Impératrice ne veut pas de feu; elle est chez elle, et je dois lui obéir. L'Empereur ritbeaucoup de cette réponse et, en rentrant chez lui, il dit au maréchal Diiroc qui s'y trouvait Savez-vous ce qu'on m'a dit chez l'Impératrice? Cette réponse amusa quelques jours 'le château. Un jour que Napoléon déjeunait avec MarieLouise, il s'aperçut- qu'il avait oublié son mouchoir. On s'empressa de lui en présenter mi il le déplia et, le'voyant brodé et garni de dentelle, il demanda ce qu'il pouvait coûter.

Mais, 80 à francs, répondit madame D. Si j'étais première dame, j'envolerais un tous les jours. Il est fort heureux, Sire, que nous ayons plus de probité que Votre Majesté. C'est bien fait, dit l'Impératrice, tu n'as que ce que tu mérites. L'empereur s'amusa de la réponse. Napoléon aimait beaucoup les enfants, et souvent ceux de la reine Hortense et de son frère Louis venaient déjeuner avec MarieLouise et lui.

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Il aimait à les contrarier. Napoléon lui fait tourner la tête en lui désignant un joujou à regarder et enlève son oeuf. L'Empereur le lui rendit en disant -Tu seras un fameux gaillard. Une autre fois, la fille de la princesse Élisa, enfant de cinq ans et très fière, déjeunait également avec l'Empereur. Comment, Mademoiselle, lui dit-il d'un air fort sérieux, j'ai appris de belles choses. Vous avez p. C'était un conte qu'il faisait. La petite princesse se lève droite sur son fauteuil et, avec un.

L'Empereur rit, mais il eut beaucoup de peine à la faire rasseoir. Un autre jour qu'il lui adressait un propos du même genre Retournons à Florence, dit l'enfant à sa gouvernante, qui était présente, ici on ne me connaît pas. On a rapporté plusieurs traits de bienfaisance et de bonté de Napoléon, qui sont trop connus pour que je les répète ici en voici un qui, je crois, n'a jamais été cité. Étant à la chasse dans la forêt de Compiègne, il était descendu de cheval et se promenait, accompagne seulement de M.

Ils avaient servi dans les troupes françaises qui avaient fait la guerre en Egypte. L'un des deux reconnut l'Empereur et se leva aussitôt. Non, dit Napoléon, non ne voyez-vous pas qu'ils sont fatigués? Il fit rasseoir celuiqui était debout, s'assit luimême quelques instants sur le même tronc d'arbre, causa avec eux de l'expédition d'Egypte et de leurs affaires particulières, et, ayant appris que l'un d'eux n'avait pas obtenu de pension de retraite, il la lui accorda, et donna dix napoléons à chacun en les quittant.

Napoléon organise l'intérieur de la maison de MarieLouise. Rivalités d2 femmes. L'orfèvre Biennais. L'Empereur n'était pas jaloux, et cependant il avait entouré sa jeune épouse d'une foule d'entraves qui ressemblaient auxprécautions de la jalousie. Elles avaient pourtant leur principe dans des idées plus libérales.

Il connaissait les moeurs relâchées de sa cour, et il voulut organiser à l'Impératrice un intérieur qui la rendît inaccessible au plus léger soupçon.

La dame d'honneur, la dame d'atour et les dames d'annonces, avaient seules le droit d'entrer à toute heure chez elle.

Du temps de l'impératrice Joséphine, il y avait quatre dames d'annonces dont l'unique fonction était de garder la porte de. L'Impératrice admettait plusieurs personnes dans son intimité. Il arriva des rivalités entre les dames du palais et les dames d'annonces, qui occasionnèrent entre elles des débats très ficheux. Ces débats avaient fatigué l'Empereur; ils furent cause que, sachant la vie sédentaire que menaient les dames consacrées à l'éducation des filles des membres de la Légion d'honneur, dans la maison impériale d'Écouen, il chargea la reine de Naples d'écrire à madame Campan, surintendante de cette maison, pour qu'elle en choisît quatre pour être attachées à la nouvelle Impératrice.

Il exigea que la préférence fût donnée aux filles et veuves de généraux et annonça qu'à l'avenir, ces places appartiendraient, aux élèves de la maison impériale -d'Écouen et deviendraient la récompense de leur bonne conduite. Ces six dames, qui portèrent d'abord le titre de dames d'annonces, parce qu'elles étaient chargées d'annoncer les personnes qui se présentaient, mais qui furent ensuite nommées premières dames de l'Impératrice-, parce qu'elles étaient véritablement chargées de tout le service intérieur, avaient sous leurs ordres six femmes de chambre; mais celles-ci n'entraient chez l'Impératrice que lorsque la sonnette les y appelait, au lieu que les premières dames, dont quatre étaient de service tous les jours, passaient auprès d'elle, la journée tout entière.

Elles entraient chez l'Impératrice avant qu'elle fût levée, et ne la quittaient plus qu'elle ne fut couchée. Alors toutes les issues donnant dans sa chambre étaient fermées, une seule exceptée, qui conduisait dans une autre pièce, où couchait celle de ces dames qui avait le principal service, et l'Empereur même ne pouvait entrer,. Aucun homme, à l'exception des officiers de santé, de MM. Les dames mêmes, excepté la dame d'honneur et la dame d'atour, n'y étaient reçues qu'après avoir obtenu un rendez-vous de Marie-Louise.

Les dames de l'intérieur étaient chargées de faire exécuter ces règlements; elles étaient responsables de leur exécution. Une d'elles assistait aux leçons de musique, de dessin, de broderie, que prenait l'Impératrice. Elles écrivaient sous sa dictée ou par son ordre, et remplissaient les fonctions de lectrices et de dames d'intérieur.

Cette vie était pénible sans doute; mais elles avaient pris à Écouen l'habitude de la retraite; les bontés que leur témoignait leur souveraine en adoucissaient les désagréments, et elles la servaient encore plus par affection que par devoir. Leur présence continuelle dans l'intérieur des appartements où l'Empereur venait sou- vent, parce que l'Impératrice y passait une partie de ses journées, excita la jalousie et l'envie de plusieurs dames du palais. Ne pouvant attaquer leur conduite, qui était parfaitement régulière, elles cherchèrent à les humilier.

Ce fut à leur sollicitation que Napoléon changea le titre de dames d'annonces en celui de premières femmes de chambre, titre qui n'avait aucun rapport avec les fonctions que ces dames remplissaient. Le titre donné aux dames d'Écouen était un titre sans fonctions, puisqu'elles ne se mèlaient pas de la toilette. Un jour que l'Empereur déjeunait avec l'Impératrice, il dit à madame D.

Sire, des capitaines de votre garde n'épouseront pas des femmes de chambre. Elles seront présentées après leur mariage; d'ailleurs, madame la baronne de Misery n'était-elle pas femme de chambre de Marie-Antoinette? Depuis lors, Sire, une révolution s'est faite dans les idées; ce qui, alors, était honoré, ne l'est plus aujourd'hui. Lorsque Votre Majesté demanda des dames d'Écouen pour faire partie de la maison de l'Impératrice, nous dûmes croire que, quittant une position honorable et respectée, nous ne devions pas déchoir.

Mais, Sire, veuve d'un général1, ayant un fils, dois-je le faire rougir de la position de sa mère? Si Votre Majesté persiste dans l'intention de nous donner ce titre, malgré ma profonde douleur de quitter l'Impératrice, je la supplierai. L'Empereur se mit à rire de ma vivacité et parla d'autres choses. Lorsqu'il fut parti, MarieLouise, qui avait toujours été parfaitement bonne pour moi, me demanda comment j'avais osé tenir tète à l'Empereur, et me dit qu'elle avait craint qu'il ne me renvoyât à Écouen.

Madame, l'Empereur est juste et a dû comprendre ma susceptibilité. Le général Durand commandait le fort Vauban en , il fut bombardé et obligé de se rendre aux Autrichiens après la défènse la plus honorable; il fut emmené en Hongrie. Échangé après la mort de Robespierre, iLse retira dans sa famille et n'a' plus voulu servir depuis. Le général est mort en Quelques jours après,'nous fûmes toutes six nommées- lectrices. Dans tous les voyages de la cour, toujours une des premières dames couchait dans une chambre à côté de celle de l'Impéràtrice, et par laquelle il fallait nécessairement passer pour y arriver.

Je vais citer deux exemples de la rigidité que l'Empereur mettait à l'exécution de ses ordres. L'orfèvre Biennais avait fait faire pour l'Impératrice un serre-papier renfermant plusieurs secrets qu'elle seule devait connaître; il fallait qu'il pût les lui montrer.

Marie-Louise en parla à son époux qui lui permit de recevoir Biennais; ce,dernier fut mandé à Saint-Cloud. Arrivé, on l'introduisit dans le salon de musique il était à un bout avec Sa Majesté, et une première dame, madame D. Au moment où elle fut terminée, l'Empereur arriva, et,. L'Empereur nia formellement ce dernier article, prétendit que la dame de service avait tort, lui adressa une sévère réprimande, que l'Impératrice eut toutes les peines du monde à faire cesser, quoi qu'elle lui dit Mais, mon ami, c'est moi qui ai or- donné de faire venir Biennais.

Voici le second exemple. Marie-Louise avait pour maître de musique un homme qui avait été attaché à sa mère au même titre M. Un jour, qu'il était à donner sa leçon, la dame de service, la même madame D.

Le maître de musique -sortit; il lui demanda alors où elle était à son arrivée. Elle lui observa qu'elle n'avait pas quitté l'appartement; il ne voulut pas le croire et lui fit un long sermon dans lequel il lui dit. Il ajouta avec vivacité Madame, j'honore et je respecte l'Impératrice mais la souveraine d'un grand empire doit être placée hors de l'atteinte d'un soupçon.

On peut juger, d'après ces deux exemples, quelle confiance on doit accorder à l'anecdote qu'on a fait courir sur Leroy, marchand de modes; on prétendait qu'il avait été exclu du palais pour avoir dit à l'Impératrice, en lui essayant une robe, qu'elle avait de belles épaules.